
samedi 18 octobre 2008
KINGS OF THE TOWN

Le cable -car découpe une tranche de ville, ouvre des perspectives à chaque croisement, marque les ruptures de pente du plan en damier. Un travelling de rêve.

Herzog et De Meuron sont aussi des rois. Leur musée DeYoung est un petit bijou, ciselé, profilé, entaillé au diamant. La peau en panneaux de cuivre emboutis et perforés est un voile de haute couture.
Leur tour tordue, signal et poste d’observation, ne tient heureusement pas de l’exploit technique : c’est bien d’horlogerie suisse qu’il s’agit, comme toujours avec les deux bâlois.. Chapeau messieurs.
vendredi 17 octobre 2008
« TCHAARDONNAY »
Arrivé dans le parc, on respire. Pas longtemps d’ailleurs, car il faut aller voir les séquoias géants, et la promenade est au pas de course.

Si vous visitez Yosemite, ne laissez pas votre sandwich dans votre voiture. Les ours du parc fracturent les véhicules pour piquer la nourriture. Une video éducative très amusante montre un ours en train de massacrer une bagnole. Votre voiture démolie, vous devrez en plus payer une amende pour « stupidité » (je cite notre guide)
L’hotel Ahwahnee, du nom d’une tribu indienne exterminée, est un bâtiment étrange et beau en pleine vallée. Le style est à peu près du sous-Wright un peu dégénéré, avec malgré tout de beaux morceaux, notamment des jeux d’échelle très intéressants.
L’ambiance, très nostalgique, est celle des vieux palaces : personnel stylé et pléthorique, feux dans les cheminées, fauteuils moelleux. Pianiste d’ambiance.
L’endroit rêvé pour se laisser aller à siroter quelques verres de Chardonnay au coin du feu après le repas.

HOW I BECAME A MURDERER
« GOOD MOOOORNING !!! TODAY’S A BEAUTIFUL DAY IN PALM SPRINGS !...”
Il est con ou quoi?
Evidemment qu’il va faire beau puisque ici, il tombe 2,5cm d’eau par an.
Et c’est pour me dire ça qu’il me réveille ? Je craque : je vais lui donner une bonne leçon à ce malade.
Je prends mon flingue et je me précipite en caleçon jusqu’à la réception.
Et là , ni une ni deux, j’ouvre le feu. Méthodique, j’arrose de gauche à droite tout ce qui bouge. Le réceptionniste, le porteur de valoches avec son costume ridicule, la femme de ménage. Poum ! Poum ! je hurle « LET ME SLEEP, YOU SON OF A BITCH ! » Tiens ; la fille du petit déj : Poum ! Poum ! Elle nous emmerdera plus avec ses tranches de bacon grillé celle-là..
C’est le carnage, ya du ketchup plein les murs.
Bip Bip Bip.
C’est quoi encore ce bruit?déjà la chaise électrique ?
Argh !!!, c’est mon réveil, je me suis rendormi.
Je suis sacrément à la bourre, je dévale l’escalier avec ma valise Je suis le dernier évidemment, Jean Philippe est en train de téléphoner à ma piaule, oups.
J’ai plus le temps d’étrangler le réceptionniste, je file au bus.
mardi 14 octobre 2008
STRANGERS IN THE TOWN

Une vraie petite merveille de tact et de finesse posée dans la pente, au bord du désert. Les matériaux, bois, verre, pierre, tombent pile là ou il faut et quand il faut.

L’architecte s’était auparavant entraîné avec la maison de Frank Sinatra. Ce vieux Frankie voulait une maison pour ses chouilles ; il l’a commandée à Stewart en exigeant un chantier de 3 mois maximum. Stew, dont c’était le premier projet, et qui n’avait pas envie de se prendre deux balles dans le ventre, a fait le maximum mais, bon, c’est un honnête brouillon, sans plus
La piscine est en forme de piano, les ombres d’un auvent troué dessinent les touches sur l’eau. Bof bof, on se marre pas vraiment….

Donald Wexler est l’auteur de projets de maisons préfabriquées en acier construites au début des sixties. La casquette vissée sur la tête, baskets bien plantés au sol, Don est sans doute un architecte heureux. Après être tombé dans l’oubli, son travail est maintenant reconnu. A plus de Quatre vingts balais, il voit débarquer une quarantaine de jeunots qui viennent de France s’extasier devant une maison toute simple qui a un demi siècle et pas une ride.

La journée a fini chez Bill, qui nous accueille dans sa maison remplie d’œuvres d’art. Peinture, photo, installations vidéos en tout genre, un Moma en réduction. A un moment, je me suis assis sur un truc, pas sûr que ce soit un fauteuil d’ailleurs, c’était peut être une sculpture. Vous voyez le genre.
Les serveurs étaient assez impayables (moustache taillée comme le loup de Tex Avery) Le chardonnay offert par Bill a fait des ravages, peut être à cause du soleil.
Du coup, dans le bus c’était un peu dissipé.
Je ne vais pas tout vous raconter tout de même.

FESTIVAL DE KAHN

Pas de doute, du Kahn, ça se mérite, on est priés d’être patients.

Le Salk Institut est un monument. Il a été tellement décrit, photographié, analysé, que sans doute tout a été dit.
Ici, le grand Louis nous coupe le souffle : l’émotion est là, on la sent jusqu’aux dernières molécules du bout de nos doigts de pieds.
Urgence absolue : revoir le film de son fils Nathaniel.
lundi 13 octobre 2008
EXTREMES

La première CSH de la journée est à Long Beach. Un quartier tranquille du rêve américain, des maisons nickel, pelouses comme des moquettes. L’eau et les petits pontons en prime. Une maison à la perfection extrême : super bien léchée, épurée. Déconseillé aux animaux, enfants et autres perturbateurs. Les propriétaires, charmant couple middle âge, pourchassent le moindre grain de poussière. On enlève les chaussures, et on goûte le plaisir.
La Schindler house est une maison pour vivre dehors, « cooking and sleeping outside » comme le dit la guide. C’est quelque chose entre la maison et le camping. Liberté extrême de ses habitants qui, tout en concevant pour leurs clients des maisons sublimes, dormaient à la belle étoile. Il y a eu des divorces, madame s’est mise à tout peindre en rose, ça aurait pu mal finir. Aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre, on vient s’y recueillir.
Manuel et Barbara habitent la CSH2, pas mal modifiée depuis les années quarante. Peu importe au fond. Dix huit perroquets, un accueil chaleureux avec café et gateaux pour 40. Pas le genre de préparation qui ferait peur à Barbara, maîtresse femme au gabarit impressionnant, qu’on a pas envie de contredire sur ses idées politiques, même si sur ce coup là, elle exagère. Mais la question n’est pas là.
La journée s’est terminée sur Hollywood boulevard : vous savez, les empreintes des stars dans le ciment.
Surprise : on a vu Batman ! Voila un type qui a su rester simple, il pose maintenant pour des photos sur le trottoir. Il y avait aussi Spiderman, extrêmement sympa lui aussi, et Dark Vador (qui lui est un peu bécheur en revanche, il frime avec son épée laser)
La soirée, une fois de plus, n’est pas racontable.
dimanche 12 octobre 2008
BARAQUES OBAMA

La maison lui va bien ; du vrai Neutra, restauré et chouchouté comme il se doit. Plan limpide, vue imprenable, transparences et fluidité au programme. Je vous aurais bien mis des photos, mais n’est pas Julius Schulman qui veut.
Un peu plus tôt, à Santa Monica, visite autour des CaseStudies de Eames. Autour, c'est-à-dire qu’on y entre pas : tout est laissé dans l’état où cela se trouvait à la mort de Ray en 1988, c’est presque un sanctuaire.
Radicale, la Case study House de Eames a pris la patine du temps. Ce n’est pas un mal. La confrontation avec le temps et la nature environnante crée de belles surprises.
Pour finir la journée, réception avec les architectes américains et leurs friends. Pas racontable, forcément.
samedi 11 octobre 2008
WELCOME IN U.S.A.
Aujourd’hui, toute notre énergie et tout notre temps ont été employés dans un seul but : pénétrer sur le territoire des Etats-Unis d’Amérique. Or, croyez moi, on y entre pas comme dans un moulin.
C’est parti pour les filtres divers et variés. Sans ceinture, sans chaussures (ça va, on peut garder les dentiers). Dans l’avion, le questionnaire qui tue, répondez par oui ou par non. « souffrez vous de troubles physiques ou mentaux ? avez-vous été inculpé pour un crime ou délit relatif aux mœurs ? Avez-vous été revendeur de stupéfiants ? Avez-vous eu des activités d’espionnage ou de sabotage, des activités terroristes ? Avez-vous participé à un génocide ? »
Ouf, je mets « non » partout.
Par chance, il n’y avait pas les questions qui fâchent les architectes : « avez-vous bousillé un site naturel ? avez-vous dépassé votre budget de plus de 10% ? Avez-vous vendu une signature de complaisance?». On passe tous sans encombre.
Vu d’avion, L.A. c’est SimCity : plan orthogonal, maisons qui vont jusqu’à se toucher, rubans d’autoroutes en trèfle. Etonnant et flippant… Il ne reste plus beaucoup de temps, notre seul contact architectural avec L.A. se fera à travers les vitres du bus qui nous amène à l’hôtel (au bord du Pacifique s’il vous plaît)
Dans la fin d’après midi, les briques peintes en rose et vert de la façade de l’hôtel Cadillac brillent un peu. Façade presque sans épaisseur, modeste mais subtile. Ça fait du bien, après l’overdose de faux pignons et de colonnes.
Demain, on se lance pour de bon.

dimanche 5 octobre 2008
Architects go West !
retrouvez sur ce blog le meilleur et le pire de l'aventure en question.
Un blog aléatoire, inutile et subjectif, alimenté en fonction des opportunités techniques de connexion.

